Noël 1958
C'est la veille de Noel, petit homme apprend à lire,
Attend le Père Noel, mais craint pour lui le pire.
Comment peut il venir, juché sur un traineau,
Au milieu de la jungle, savane et marigots ?
Ne va t'il étouffer sous son lourd manteau ?
Ici nous vivons nus, tout du moins peu s'en faut.
Devant quelle cheminée, déposer mes sabots ?
La seule que je connaisse est celle du fourneau.
Ou est la neige promise, ou sont donc les sapins ?
Tout n'est que terre rouge, baobabs, arbres à pain.
Le lion tue l'antilope, décime les troupeaux,
Qu'en sera t’il des rennes, sauveront-il leurs peaux?
La tète toute embrouillée, juste au bord des remords,
Dans sa case couché, petit homme s'endort.
Se réveille au matin et découvre un vélo,
Fait le tour du village pour montrer ce cadeau.
Il rentre dépité, des larmes plein les yeux,
Pourquoi lui un vélo et pourquoi rien pour eux?
Chez aucun des copains Père Noel n'est passé,
Serait-il raciste, son cœur est-il séché?
Un vélo pour un blanc, rien pour ses amis noirs,
Voici que tout enfant, commence le désespoir.
Reprends vite ton poison, les copains allons jouer,
Au bord de la rivière, comme à l'accoutumée...
Noel 1958, Foumban, Cameroun
Philippe