La Hurle
C'est au sommet d'un pic, promontoire
rocailleux,
Aux pentes ravinées, aux chemins escarpés,
Que s'élève La Hurle, jadis maison de Dieu,
Tel un défi dressée, attendant l'étranger.
Cette vieille bastide, aux murs éventrés,
Qui vit s'y réfugier Mathilde la Parfaite,
N'est plus que le vestige de ce qu'elle a été,
Portant à tout jamais stigmates de sa défaite.
Place forte albigeoise, elle brava les croisés
Refusant l'allégeance à l'église du pape,
A Simon de Montfort, longtemps s'est opposée,
Avant de s'endormir sous une lourde chape.
Mais lorsqu’avec ferveur souffle le vent
d'autan,
Réveillant ses blessures, ses douleurs cachées,
Du plus profond des ruines jaillissent les hurlements,
De centaines de cathares, montant sur le bucher.
Il se dit alentours, que par delà les cris,
Peut s'entendre douce voix, chantant louanges à Dieu,
Qu'il s'agit de Mathilde, que personne ne prit,
Veillant sur ses amis, elle hante encore ce lieu.
Philippe