Viens la mort, viens...




Viens, douce mort, viens,

Dans ta bouche, ce refrain, à la fois tendre et lourd,
A remplacé tous ceux qui égayaient nos jours,
Tu ne le chantes pas, tu le martèles sans fin,
Tel un leitmotiv, sans cesse tu y reviens.

Viens, douce mort, viens,

Mon beau, mon tendre amour, je ne peux me résoudre,
A voir chaque jour, un peu plus, la mort sourdre,
A te surprendre ainsi, plié par la douleur,
Marmonnant "qu'elle vienne donc, elle ne me fait pas peur".

Viens, douce mort, viens,

Tu refuses les soins qui pourraient prolonger,
Cette vie qu'aujourd'hui tu sembles mépriser.
Je te sens sur le point de cesser le combat,
Tu fais mine de rien mais lentement t'en vas.

Viens, douce mort, viens,

Ces quelques mots m'obsèdent et inlassablement,
Ils tournent dans ma tète, sans cesse revenant,
Dès le petit matin,"Viens, douce mort, viens...",
Et jusqu'en m'endormant,"Viens, douce mort, viens...",

Viens, douce mort, viens,

Tu dis qu'elle est si proche que tu entends sa voix,
Est-il bien raisonnable de lui tendre les bras?
Je ne m'imagine pas restant seule sans toi,
Si elle doit venir, qu'elle nous prenne toi et moi.

Alors, viens, douce mort, viens,
Allez, viens, douce mort, viens,


Philippe / Charmaine 


Komm, sanfter Tod, komm, löse meines Schiffleins Ruder

und führe meines Lebens Kahn ans Land der guten Hoffnung...

Viens, douce mort, viens,

diriges la barque de ma vie et conduis la jusqu'au pays de l'espoir...