Epineuses sont les roses

 

Epineuses sont les roses, à qui vient s'y frotter,
Epineuse était Rose, et mon cœur a griffé.

Fleur cueillie un matin, au printemps de l'amour,
Sur le bord d'un chemin, dans sa robe velours,

Vers elle tendis la main, à elle offris mon âme,
Entrouvrit sa corolle, et dévoila ses charmes.

Merveilleuse rosée, à sa bouche je bus,
A ses boutons d'amour, hommages furent rendus.

Mais ne voulu quitter le bord de son chemin,
Terminer dans mon vase n'était pas son dessein.

De mon cœur, ce jour là, goutte de sang à perlé,
Sur ma joue, bien longtemps, les larmes ont coulé,

Si les roses, parait-il, ne vivent qu'un matin,
Pour ma part, ce matin, fut tel un jour sans fin.

Les roses font parfois plus que nous égratigner,
Tout au fond de mon cœur, un pétale est resté.

Philippe